Le Tyrol, l’autre Pays du Freeride.

Publié le par guillaume

 

 

Depuis plusieurs années, je rêve de faire un vrai trip ski : un vrai, en avion avec les grosses housses de ski et de la poudre à profusion sur des domaines mythiques… Et pas nos sempiternelles virées en Espagne et Andorre (très bien au demeurant) ni les visites dans les autres domaines pyrénéens.

Force est de constater que l’Alaska, le Canada ou le Japon ne sont pas encore pour cette année, finance oblige !

Bon plan : l’Autriche… Et plus particulièrement le Tyrol, patrie du ski s’il en est dans le monde. Le billet d’avion n’est pas cher depuis Toulouse via Munich.257

Mars 2009, nous voilà donc partis pour 15 jours dans le Tyrol.

Arrivés à Munich, nous sommes pris en charge par une navette minibus afin de rallier Innsbruck. Quatre heures après notre départ, nous arrivons à Innsbruck juste à temps avant la fermeture des portes de l’Auberge de jeunesse… heureusement car ça pèle grave dehors!

Pour la 1ère mâtinée, nous partons visiter Innsbruck, ville charmante et épicentre du ski mondial. En effet, Innsbruck a accueilli deux fois les JO d’hiver et la ville toute entière a une grosse, grosse culture ski ; Il faut dire qu’ici les montagnes sont toutes proches et que pas moins de 9 domaines skiables sont atteignables depuis la ville via les transports en  commun. Après une visite sommaire de la ville, les jambes nous démangent déjà et on part passer l’après midi sur le domaine le plus proche du centre ville.066

(Innsbruck)

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Nordpark

Une RM part directement du centre ville, mais nous choisissons l’option bus. En effet, nous avons décidé de ne pas louer de voiture et de fonctionner exclusivement avec les transports en commun. L’AJ d’Innsbruck est idéale pour ça : bien centrale, elle est desservie par nombre de bus entre 5h et 00h. La 1ère fois dans les transports en commun avec les skis  et les chaussures de skis sur le sac est un peu baroque car on y côtoie les écoliers et autres travailleurs, pourtant, pour eux, rien de choquant contrairement à nous! C’est presque un choc des cultures! Ici ça sent le ski!

Une benne super moderne nous conduit au domaine d’altitude où nous attend une neige plutôt mouillée mais en grande quantité. En haut, on y voit pas trop, donc rotation rapide et direction le bas du domaine, boisé à foison, pour rider protéger… Les cuisses vont chauffer car il n’y a pas moins de 1100m de dénivelé (et encore le haut du domaine est fermé, sinon ce serait 1450m de déniv) pour du super bon ski. Cependant, vu les conditions de neige,  on sera cantonné aux pistes et bords de pistes. Ce qui nous fait tout de même passer une bonne 1ère  journée : personne sur le domaine et une bonne approche des pistes du Tyrol, interminables, très agréables et préparées au poil! En descendant, il commence à neiger, ça sent bon pour demain. Nordpark restera certainement un des seuls regrets de notre séjour car le domaine a l’air vraiment taillé pour le freeride mais les conditions du jour ne nous ont pas permis d’en profiter pleinement et nous n’avons pour l’instant pas prévu d’y retourner.

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(Piste interminable à Norpark)
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(Innsbruck depuis Norpark)

 

Patsherkofel

Le lendemain direction le domaine de l’autre coté de la ville ;).

Il a neigé un bon 15/20cm mais les conditions sont encore un peu bouchées. Pas grave, le domaine a une grosse partie en forêt. Nous nous attelons à tracer des petits hors pistes de proximité et tentons tout de même quelques excursions sur le haut du domaine entre les éclaircies. Le domaine est super sympa et intéressant, avec de jolis mouvements de terrain et de belles lignes en forêt. On va même faire une petite visite du site de bob des JO : impressionnant, il faut « en avoir » pour se jeter en savonnette là-dedans. Ensuite visite, skis aux pieds, de la piste de descente des JO… elle chauffe les cuisses ! Une bonne 2ème  journée avec le début de la peuf et encore un domaine avec 1500m de déniv d’une traite. Toujours personne sur le domaine et il a neigeoté toute la journée !

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(Innsbruck depuis Patsherkofel)

Stubaier Gletscher

Nous entamons déjà notre 3ème  journée sur place et, au réveil, on aperçoit enfin les montagnes autour d’Innsbruck ! Le point de vue est superbe. Il fait grand beau et il a l’air d’avoir pas  mal neigé. On choisit donc cette journée pour profiter du Stubaier Gletscher, domaine le plus loin et le plus cher des stations d’Innsbruck en pensant amortir notre déplacement. Le voyage en bus est superbe (1h15) : on passe à proximité de domaines que l’on visitera dans les prochains jours… Par contre, plus on approche du fond de la vallée moins le temps à l’air bon… On se dit que, pour le coup, on a fait un très mauvais choix! C’est le seul des 9 domaines à être dans la merde (neige et vents) et ici pas un arbre ! On hésite un moment à prendre le forfait vu le prix mais en tournant un peu autour des caisses on se fait aborder par des Anglais qui n’aiment pas avoir froid et nous revendent leurs forfaits moitié prix ! Il est 10h ! Bon on ne s’en tire pas trop mal.

Le haut du glacier à 3200m est fermé mais on arrive tout de même à faire notre trace sur de « petits » itinéraires quand la visibilité n’est pas mauvaise. En début d’aprèm, c’est carrément la tempête. Le vent souffle très fort et, après des sueurs froides en croyant perdre nos skis dans les œufs, on décide de rentrer. On ira bien sûr consommer notre demi-litre de bière obligatoire accompagné de son Apfelstrudel à la descente des pistes. On occupera le reste de l’après-midi à visiter le reste de la ville et le tremplin de saut à ski quasiment dans le centre ville ! Aujourd’hui ça a  vraiment été la « loose » : Il a fait beau sur tous les autres domaines d’Innsbruck !160

(Vue depuis l'Auberge de jeunesse)

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(Mascotte Stubai)

Axamer Lizum

Une fois de plus, il neige mais cette fois plutôt pas mal. Direction Axamer Lizum qui a aussi accueilli une épreuve de descente et de Super G des JO. On réussit à racheter un forfait à des Allemands cette fois-ci, eux non plus n’ont pas l’air d’apprécier les conditions difficiles ! C’est bête car, ici encore, la plupart du domaine est en forêt !!! On ne va pas dépenser tant que ça pour le budget forfait si ça continue ! Ici on ride dans un bon 30cm et il ne cesse de neiger ; les rotations s’enchaînent et parfois nos traces sont recouvertes au passage suivant. Les Hors pistes se trouvent facilement et, une fois de plus, il n’y a personne et ça ne trace pas! Le domaine est sympa avec 800m de déniv dont une grosse moitié en forêt. Le domaine est relié à Mutterreralm mais avec les conditions difficiles la liaison est fermée.  C’est dommage car sur ce domaine, les 1000m de déniv ont l’air d’être quasi tous en forêt.

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(Petite poudre à Axamar)

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Après quatre jours de bon ride sur les domaines d’Innsbruck, nous partons pour  le fond du Tyrol. Nous n’avons pas eu le temps de visiter les 9 domaines mais avec les gens rencontrés sur place et les infos glanées, nous avons apparemment fait ce qu’il était intéressant de faire en terme de Freeride. Les conditions météo n’ont pas été trop mauvaises : un peu de neige fraîche presque tous les jours.

Innsbruck est vraiment une superbe ville pour un rider : tout ce qu’il faut pour faire la fête, un cadre plutôt sympa et un paysage fantastique de hautes montagnes à proximité… Les transports en commun en tenue de ride c’est vraiment quelque chose! Si j’avais été étudiant là-bas, je n’aurais jamais eu mon BAC, c’est sûr ;)

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(Vue de la gare d'Innsbruck avec tramplin à ski)

Direction Landeck via le train. Petite ville du Tyrol assez centrale pour rayonner sur un bon nombre de domaines. Arrivés à la pension, nous avons l’heureuse surprise de voir que notre hôte parle français. L’autrichien commence quelque peu à saoûler et l’anglais ici n’est pas super répandu (à part chez les jeunes). Le village est mignon et il y a toutes les commodités avec de bonnes adresses pour manger, même si la cuisine n’est pas super raffinée comme en France ou en Italie. Disons qu’en Autriche quand on mange au resto, on en a pour son argent. Ce n’est pas le peine de prendre un menu ! Les transports en commun rallient bon nombre de domaines. Il y a un domaine, tout à proximité, qui, d’après les dire des locaux, n’est pas très intéressant car petit (30kms de pistes). Bah ça fera l’affaire pour l’aprèm et pour  se dégourdir les jambes, surtout qu’il a encore neigé.

 

Venet Acte 1

Notre hôte bien sympa nous dépose au pied de la télécabine (à moins de 5kms de l’auberge). En montant en cabine, on se dit que ça ne doit pas être si mal que ça quand même : il y a des arbres partout, de la pente et de la fraîche. En effet, le domaine vaut vraiment le déplacement pour le freeride! Une forêt relativement raide, avec de la place pour skier et des sauts partout, et pour couronner le tout, 1400m de déniv d’une seule traite. C’est vrai que l’on n’a pas la même vision du ski que les Autrichiens, eux préfèrent les stations énormes avec de grands boulevards taillés au cordeau. Pour l’instant, nous tenons notre meilleure session du séjour dans une neige super froide avec de bon gros run à nous faire surchauffer les cuisses. Et puis la bière est toujours aussi bonne! En discutant le soir, notre hôte trouve plutôt bizarre que nous ayons apprécié Venet. C’est vrai que lui avec son forfait saison qui regroupe près de 30 stations dont 5 glaciers (il peut skier 365jours par an!) préfère les grands domaines!247

(Poudre à Venet)

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(la très bonne Stiegl avec Landeck en bas)


Serfaus-Fiss-Ladis

Après une bonne nuit de repos durant laquelle il a encore neigé, direction une des grandes stations du coin (200kms de pistes). C’est, en fait, trois villages de charme qui ont relié  entre eux leurs pistes pour faire un grand domaine. Il est plutôt sympa et varié même si nous n’avons pas le temps d’en faire entièrement le tour dans la journée. La neige est bien froide mais les runs moins intenses car le domaine est un peu moins propice au freeride ; à moins que  nous n’ayons pas trouvé les meilleurs run, bien qu’ayant tout de même profités de la livraison de fraîche quotidienne. Mais le meilleur souvenir de la station reste le resto/bar d’altitude. On est en WE, les Autrichiens sont de sortie et ici l’après-ski est une véritable TRADITION : la bière coule à flot dans des bars vraiment chaleureux où il règne une ambiance superbe sur fond de musique teuton à fond… Mais on nous dit que si l’on veut vraiment faire la fête,  il n’y a pas mieux qu’ISCHGL!274

(Village de Serfaus)

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(Après ski sous la neige)

 

Ischgl

Direction Ischgl le lendemain, l’Ibiza du ski soi-disant, mais surtout un énorme domaine de 300kms de pistes. Ici le forfait est très cher! Il fait très beau et pas de gentils Anglais pour nous revendre leurs skipass. La journée commence mal ; après la caisse, 1h30 de queue pour accéder à la benne et au domaine. C’est bizarre car on est tout proche des deux autres domaines visités mais ici la neige est super dure en HP et venté!!!  Apparemment le spot a du prendre de grosses rafales pendant que sur les autres domaines les pizzas posaient sans une once de vent ! Ce n’est pas grave, on va en profiter pour faire de la piste et passer la frontière Suisse! La station est à cheval sur les deux pays. Le domaine est immense et on a vraiment l’impression de se balader ici. C’est super moderne, avec des 8 places, des 6 places à bulles avec le cul chauffant etc. Mais au final le domaine ne nous plaît pas trop car trop bling bling! Le fait de ne pas avoir de fraîche doit aussi y faire: on commence à être mal habitués! En descendant, les bars du village sont blindés; apparemment prés de 30.000 à 40.000 personnes viennent  skier et faire la fête ici le WE (surtout faire la fête !). Mais pour nous, ça sent trop les teufs bling bling sur le son de David Guetta et ça ne colle pas du tout à ce que l’on a vu des après-skis autrichiens sur son de Wermouth Gunter ! On rentre donc quasi direct. Et buvons plutôt quelques bières à l’auberge avec Krüger. Il commence à neiger fort !!!264

(Snow park Ischgl)

Venet Acte 2

Le réveil a été difficile et il a neigé fort cette nuit, donc on décide de remonter sur Venet plutôt que de perdre encore du temps dans les transports. La 2ème  session fut encore meilleure que la 1ère  avec pas loin de 50 cm de fraîche et encore une fois personne sur  le domaine. De plus, aujourd’hui il fait beau, donc on peut même profiter des itinéraires dans les grandes pales dégagées. Une session à classer dans le top 3 de l’hiver 2009. En rentrant, il se met une fois de plus à neiger, ça sent bon pour demain.

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Sankt Anton

Il a encore neigé 50 cm de fraîche ! Direction St Anton cette fois : une des 3 « Mecque » du Freeride européen. Ici on change d’ambiance, les freeriders de tout poil sont légion et on ne sera pas seuls à faire notre trace ! Ce n’est pas grave car il y a de la place. Le domaine est vraiment taillé pour le freeride avec une grande zone boisée et parfois très engagée et de larges zones pour envoyer lourd. Nous n’aurons pas le temps de rider tous les secteurs mais on se dit qu’un séjour entier ici vaut le coup, surtout que le village à un charme fou sous des mètres de neige. Cependant, ici tout est cher, le forfait comme le logement et il faut se battre pour faire sa trace ! Encore un très beau domaine freeride et de superbes souvenirs.303

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(Eglise Sankt Anton)

Nauders

Il n’a pas neigé cette nuit. Direction Nauders pour le dernier jour de ski. Après un long trajet qui traverse de grandes gorges vraiment inhospitalières à la frontière italienne, nous arrivons enfin. Le domaine a l’air sympa et les Autrichiens et Italiens du coin sont cool. Ils n’ont quasi rien tracé et nous ont laissé la fraîche des derniers jours pour notre ultime session ride dans le Tyrol. Un domaine varié, une fois de plus terrain boisé et grand champs de neige. Le temps est plutôt clément, du coup on peut lâcher les chevaux dans les grandes combes vierges qui sont à proximité des pistes. Un truc impossible en France deux jours après une chute !! Le séjour se finit vraiment bien : dans la neige jusqu’aux narines.

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Durant ce trip, nous avons vraiment eu de la chance. Il a beaucoup neigé. On a visité pas mal de stations mais on aurait pu rester 10 jours de plus sans souci, voir même une saison entière ! L’Autriche est vraiment LE pays de ski. Le soir, à la télé, on voit des compétitions de skis à la place des nanars de TF1. Le Tyrol entier fonctionne et vibre autour du ski. Quel bonheur de ne pas avoir à prendre la  voiture durant 15 jours pour aller skier : les transports en commun desservent vraiment bien les domaines skiables, un exemple à prendre en France ! L’après-ski autrichien est indubitablement quelque chose d’exceptionnel et culturel. De plus, les Autrichiens ne font que très peu de Freeride et ça laisse vraiment de la place pour nous autres amoureux de poudre blanche.

Je pense que j’aurais du mal à revenir rider dans le Tyrol tant notre séjour fut parfait ! J’ai peur qu’un autre trip ici ne souffre trop la comparaison mais l’Autriche est grande ! Je ne saurais que trop conseiller cette destination pour les amoureux de la poudre et du grand ski : on a toujours la tête tournée plus loin mais ici il y a déjà de quoi faire !

Ah au fait, à notre retour il faisait 20°C à Toulouse mais  3 jours plus tard on ridait dans 40 cm à Barèges ;), on n’est pas si mal à la maison aussi !

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(Y sont heureux les riders)

 

 

Publié dans Trips-Spots-Balades

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florian dach 03/08/2010 16:35


bonjours moi et des amis voulons faire a peut prés la même chose mais en restant une semaine sur Innsbruck est ce que vous auriez des information utiles ou des adresses à partager avec nous ? comme
une auberge de jeunesse je temps moyen des transport en commun (Innsbruck>station), quelles stations a éviter,ou y a t'il de bon snowpark ,les bon spots de freeride et pour finir la nourriture
est elle cher ? merci =)