Georgia on my mind.

Publié le par guillaume

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Dans les Pyrénées, la saison est définitivement trop sèche : la plus mauvaise depuis 20 ans !!!

Alors allons voir du côté du Caucase si la neige tombe plus fort !

Le Caucase est une grande chaîne montagneuse à cheval sur 5 pays (Russie, Géorgie, Arménie, Turquie et Azerbaïdjan) et tout un tas de républiques plus ou moins autonomes (Ossétie, Tchétchénie, Abkhazie…). Le point culminant est le mont Elbrouz, il trône fièrement à 5642m d’altitude et, quoi que veuillent en dire nos amis Chamoniards, c’est le plus haut sommet de l’Europe géographique.

Peu de pays peuvent sonner aussi étranger à une oreille française que la Géorgie. Ni en Europe, Ni en Asie, ni lointaine, ni proche, la Géorgie ne rentre dans aucune catégorie connue. Patrie de Staline au cœur des conflits du Caucase, pays post-soviétique : autant d’images peu engageantes. Pourtant, nous choisissons tout de même de visiter la Géorgie, plus simple d’accès que la Russie voisine avec tous ses problèmes de visa…

Malgré sa faible superficie, la Géorgie dispose d'une des topographies les plus variées parmi les anciennes républiques soviétiques. La chaîne du Caucase, parallèle aux frontières Turque et Arménienne, qui relie le Grand Caucase et le Petit Caucase, a créé des barrières naturelles responsables des différences culturelles et linguistiques entre les régions. En raison de leur altitude et d'une infrastructure de transports peu développée, de nombreux villages de montagne sont pratiquement isolés du monde extérieur pendant la durée de l'hiver. Du fait de sa proximité avec la Mer Noire, tout le pays est copieusement arrosé d’une bonne neige froide tout au long de cette saison.

Nous voilà donc partis pour un périple dans cette ancienne République soviétique. Ici rien n’est simple et un contact sur place est quasi obligatoire si l’on veut organiser au mieux et rentabiliser notre temps sur place. Notre contact sera Khatuna qui gère l’agence de Voyage Georgia Cacasus et parle un français à faire pâlir tous les habitants de l’Hexagone.

Après un long voyage compliqué, nous atterrissons à Tbilissi, la capitale géorgienne, et nous sommes heureux de voir qu’il neige à gros flocons. Après quelques heures de route, durant lesquelles la neige ne nous aura pas quittés un instant, nous arrivons sur notre 1ère étape : Gudauri.

 101 0103 (Panoramique depuis la DZ de Gudauri)

 Ici commence la communauté des montagnes du Mtioulétie. Située à plus de 2000m d’altitude et à quelques kms de la frontière Russe, Gudauri est la station la plus récente du pays. Elle accueille essentiellement des visiteurs étrangers venant de l’ex-URSS (Ukrainiens, Russes, Lettons…). Beaucoup plus rares sont les occidentaux comme nous. Le lieu, bien qu’encore un peu vétuste, voit se développer de nouvelles infrastructures, notamment hôtelières. Gudauri n’a pas vraiment le charme fou de la « vieille pierre » que l’on trouve en Géorgie mais on y tutoie la haute montagne avec des sommets à plus de 5000m tout proche ! Le paysage y est grandiose. Et en montant ou descendant un peu, on retombe sur de jolis petits villages, écrins de pierres dans un paysage entièrement enneigé, certains situés jusqu’à 2000m d’altitude voient des familles y vivre même durant le long et rude hiver caucasien.

RIMG0117(Village Caucasien)  

Nous avons la chance d’arriver en fin de matinée et montons, donc, dés l’après-midi pour faire une première session repérage dans les 60cm de fraîche que nous offre le spot. Cinq remontées mécaniques couvrent plus de 1100m de dénivelé ; il y a peu de pistes mais un domaine hors-pistes immense. Notre première après-midi se solde par de jolis hors-pistes de proximité. Nous finissons par rallier le petit village de Seturni en dessous de la station pour notre dernier run tout poudreux. Le soir, il neige fort et ce sera le cas quasiment tous les jours de notre séjour. Une neige sèche et légère comme on en voit rarement.

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Nous aurons à loisir d’exploiter les alentours du domaine skiable. Et ce n’est pas vraiment la neige qui nous manquera mais plutôt de franches journées de ciel bleu. Nous repérons un tas de runs ralliant des villages alentours que nous ne pourrons qu’estimer fabuleux… Parfois une petite organisation logistique avec un taxi envoyé dans un village permet de faire de très beaux runs. Nous aurons droit à une superbe mer de nuages à plus de 2500m avec tout le Caucase comme point de relief, le tout accompagné d’une livraison de 50 cm de fraîche !!!

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RIMG0056 (Bouis-bouis à Gudauri)

Le forfait journée à moins de 11.5€ nous permet d’engloutir des litres de bière locale à un prix tout aussi doux. Mais ce à quoi il ne faut pas jouer avec les Géorgiens, c’est la Tchatcha, la vodka locale à plus de 70° !!! Elle nous vaudra de drôles de surprises lors d’une soirée sur fond de « brutal song », que chacun des locaux présents et d’où qu’ils viennent entonneront non sans une certaine fierté nationaliste ! Pour nous, ce sera « la Pixturi » et  « ah les crocodiles » avant l’extinction des feux en milieu de soirée et un bon trou noir le lendemain.

101 0107 (Tour de guet dans la montagne caucassienne)

 

Mais Gudauri, c’est également et évidemment de l’héliski ! Avec des montagnes si hautes et si peu peuplées, certaines agences ont flairé le filon et ont installé quelques bases héliski. Jusqu’à la guerre de 2008, une compagnie autrichienne exploitée la base avec de bons vieux MI-8 de l’armée, véritables tanks des airs. Mais depuis cette année, c’est une compagnie franco-suisse qui occupe la DZ avec de petits Ecureuil B3 dont les turbines sont fabriquées à Turbomeca à environ 3kms de chez Aurel ! Après moult négociations et entrevues avec le guidos français (il faut dire que les clients visés ici sont plutôt les riches Russes tout ventrus que les Freerideurs skibum que nous sommes), nous finissons par embarquer sur une des rares journées de grand ciel clair que nous avons eu. Une journée magnifique durant laquelle nous pourrons admirer les fantastiques montagnes géorgiennes vues d’en haut et des crêtes depuis lesquelles nous allons rallier certains villages perdus dans la montagne profonde. Mais surtout nous aurons à loisir de tracer une neige profonde et ultra fraîche, de quoi se faire chauffer les cuisses à grand coup de slashs et de grosses droites !!! Une journée bien rentabilisée qui nous donnera la banane pour la fin de la journée : Khatuna nous attend déjà pour nous conduire en direction de notre seconde étape, Bakuriani.

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 101 0141(Panoramique depuis Bakuriani)

Bakuriani est situé à 1700m d’altitude. À l’époque Soviétique, c’était la seule station du pays et l’endroit était très fréquenté. Si Bakuriani a été dépassée en capacité et en domaine skiable par la nouvelle station de Gudauri, elle reste indéniablement la plus charmante des deux. Et surtout nous sommes ici dans un véritable village avec tout ce que cela implique de pittoresque … Beaucoup de maisons traditionnelles ornées de décors en bois, avec des vendeurs ayant installé leurs bouis-bouis partout, des cochons se promenant dans les rues et des chiens errants qui coursent les skieurs ! Ici c’est enneigé de haut en bas. Les locaux se déplacent en motoneiges, en traîneaux tirés par des chevaux ou encore avec la mythique Lada, voiture locale par excellence qui tient bien mieux la neige que tout autre voiture y compris les récentes, bourrées d’électronique et d’autre système anti-patinage. Il faut dire que, vu la conduite ici, il ne vaut mieux pas leur laisser de gros bolides entre les mains. En effet, sur les routes, on a l’impression qu’ici la vie à moins de valeur que chez nous…

 

101 0167(Loueur de matos à Bakuriani)   

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A Bakuriani, il y a deux domaines distincts  (seront-ils reliés un jour ?) : Kokhta et Didveli. Seul Didveli est ouvert. Apparemment un câble serait tombé sur la 1ère RM de Kokhta. Et pour accéder à la 2ème RM, il faudrait prendre la 1ère ?! Dommage car le spot avait l’air vraiment pas mal. Pas grave, il y a de quoi faire sur Didveli et à 10€ le forfait on ne va pas se priver ! Il a beaucoup venté sur les crêtes qui sont toutes dégarnies mais tout le reste du domaine skiable et les hors-pistes sont restés plus ou moins protégés. Une fois de plus les freerideurs ici ne sont pas légion, ils se résument à trois skieurs pyrénéens : NOUS ! Et nous allons fouiner tous les hors-pistes du coin avec des retours, skis aux pieds, jusqu’à notre Guesthouse. De superbes et grands couloirs dans des forêts d’altitude composées de petits arbustes (dont nous n’arriverons jamais à définir l’essence), des grandes pales ouvertes jusqu’à la découverte de superbes runs dans une grande forêt couverte de résineux où nous attend une des neiges les plus fraîches et profondes du séjour ! En cerise sur le gâteau, notre retour se fait skis aux pieds par la route qui mène à la station et, même mieux, au bar à chilom du coin ! Nous repérons encore une multitude de lignes qui plongent dans les vallées voisines, malheureusement le temps nous manquera pour pouvoir tout exploiter.

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Il fait bon vivre dans ce village qui sent l’âme du ski et de la montagne.  Il y a même trois tremplins de saut à skis. Il y a également un petit stade de neige, séparé des deux autres secteurs et dédié aux débutants ; il tourne jusque tard le soir et les Géorgiens s’y initient au ski sur des planches antiques. Notre hôte skie d’ailleurs sur les mythiques planches d’Ingenar Stenmark ! Fab aura, du reste, quasiment versé sa larme en voyant ça et ne pourra s’empêcher de raconter la rencontre avec son maître lors de la Coupe du Monde à la Mongie en 1985 ! Bakuriani est également le village du malheureux lugeur géorgien qui a trouvé la mort lors des J.O. de Vancouver  et dont les images ont fait le tour du monde. Et apparemment tout le monde est plus ou moins son cousin ici !

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Nous avons la chance d’être tombés dans une Guesthouse sympathique tenue par Micha, un artiste peintre qui adore et connaît parfaitement l’histoire de son pays qu’il nous expliquera jusqu’aux moindres détails. Nous en apprendrons un peu plus sur le conflit qui a éclaté en 2008 en Ossétie du Sud et sur le fait que de nombreux Géorgiens ont dû être déracinés et entassés dans des villages de fortune au bord de l’autoroute N-1. Tous ces conflits sont quasiment insondables pour nous et durent de longue date.

RIMG0123 (Camp de réfugier)

  101 0147(Katchapouri)

Micha nous aura également fait goûter à la fameuse cuisine géorgienne où une multitude d’assiettes est étalée sur la table dont celle du remarquable Katchapouri (pain au froment fondant) ! Nous n’aurons jamais eu le ventre creux durant le séjour ! Nous avons également goûté le bizarre (et robuste) Cognac géorgien… Il faut bien manger entre chaque verre, surtout du salé, pour tenir l’alcool : c’est la technique des Géorgiens.

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L’heure du retour arrive déjà et nous revoilà sur la route pour rejoindre Tbilissi. Il y neige, une fois de plus, très fort. Cela nous vaudra un jour de plus sur place à cause d’un avion cloué au sol et donc une visite un peu plus approfondie de la superbe capitale géorgienne. Arborant 15 siècles d’histoire, c’est un joyau architectural du Caucase. Il faut se perdre dans la vieille ville et se laisser aller à remonter les deux millénaires d’histoire en arpentant la forteresse de Narikala. Pour finir, il faut tester le traditionnel bain de sulfure en se laissant tenter par les techniques autochtones de massage.

101 0245(Vue panoramique de Tbilissi)

 

101 0236(Cathédrale Sameba)

 

Au final, nous avons découvert un pays fabuleux à tout point de vue. Ses paysages montagneux sont à couper le souffle tout comme ses nombreuses vieilles pierres (églises, monastères et tours de guet) et sa captivante capitale. Nous avons rencontré un peuple aussi austère que chaleureux une fois l’épaisse couche de glace brisée. Mais surtout, nous avons décelé d’éminents spots de ski, avec tous les ingrédients qui poussent à traverser une partie du globe : neige fraîche en quantité, pentes, paysages et terrains variés et d’infinies possibilités qui font tourner la tête… Surtout lorsque l’on apprend qu’une nouvelle station vient de voir le jour (inauguration en Décembre 2010) en Svanétie, le plus bel endroit de Géorgie, à Mestia. La Géorgie serait-elle le vrai paradis du Freeride ?

Contact :

 Khatuna :
(00)99599171873
georgiancaucasus@aol.com

http://www.georgian-caucasus-tours.com/

http://www.skigeorgia.ge/

(Khatuna et l'équipe)RIMG0163

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Publié dans Trips-Spots-Balades

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